mercredi 14 novembre 2012

Ian Levison - Arrêtez moi là

Lorsqu'un chauffeur de taxi déroge aux quelques règles simples qu'il a toujours suivi il peut s'attendre à quelques désagréments.
Mais lorsque destin s'en mêle et qu'une petite fille est enlevée avec comme seules empreintes celle du narrateur on sait déjà que les choses vont probablement dégénérer...

Un roman fort agréable dans lequel on est plongé tout de suite. A de nombreuses reprises on en vient presque à essayer de rendre plus combatif cet homme à qui tout arrive et qui finit par laisser aller le cours des choses.
Très bien ficelé même si l'intrigue policière n'est pas primordiale dans cet ouvrage, on y découvre une Amérique qui se repose peut être un peu trop sur les indices scientifiques là où elle pourrait faire un travail d'enquête.
Et puis on découvre que tous les rouages d'un système qui pourtant s'occupe d'hommes et de femmes et devrait être parfait, est composé de gens qui eux sont imparfaits.

J'ai bien aimé et j'avoue que j'ai été agréablement surpris à cette lecture. Un livre qui se lit assez vite tant on voudrait bien découvrir ce qui pourrait encore lui arriver de pire arrivé à un certain moment.
Finalement un roman aussi très humain, qui montre que quel que soit l'endroit où l'on est et avec qui l'on est, on peut rencontrer des gens qui nous permettent d'évoluer, de grandir.

vendredi 9 novembre 2012

Collectif - Noir comme l'amour

Un recueil qui porte bien son nom, voilà ce que j'ai envie de dire comme première approche. 22 auteurs parmi les plus connus de l'horreur ou du fantastique se relaient tout au long de cet ouvrage collectif.
Chaque histoire est à elle seule suffisante pour justifier la lecture de ces 22 plongées dans les méandres les plus noirs de ce sentiment que l'on qualifie de plus beau.
Psychologiquement troublant, brisant les tabous, dépassant toutes les bornes, il est difficile de bien parler de chaque histoire sans les dénaturer.

On notera simplement les noms des auteurs qui ont participés, de Stephen KING à Stuart Kaminsky on retrouve la fine fleur des romanciers Américains dans cette anthologie très justement nommée "22 nouvelles fantastiques".
L'amour poussé dans ses derniers retranchements, jusqu'à la folie, jusqu'à la mort. Un recueil que l'on prend plaisir à déguster par petites touches, nouvelle par nouvelle changeant d'univers totalement entre chaque.
Les auteurs malgré leurs univers si divers et leur manière tellement personnelle d'aborder le sujet forment un ensemble d'une grande homogénéité lorsqu'on prend le recueil dans son ensemble.

Perversions, érotisme, déviances, tout est ici réuni pour vous faire frissonner souvent de peur devant cet amour dont on découvre avec effroi les plus folles incarnations.
Ce recueil a aussi la force de faire découvrir de nombreux auteurs parfois injustement méconnus sous nos latitudes bien que depuis la sortie de celui-ci certains noms sont sortis de l'ombre.

Question d'équilibre...

Marre des anti-corridas! Bin ouais, ras le cul de ces affiches partisanes et violentes. Marre de la manière dont sont traités les gens qui apprécient.
Marre surtout de cette énergie et de ce pognon dépensé pour cette cause alors que bordel des gens meurent dans les rues chaque année et là on n'en a que foutre!

Si je suis aussi remonté c'est qu'on parle d'une chose dont les gens par empathie plus que par conviction vont propager sans même jamais se prendre par la main pour aller voir les chiffres...
Qu'est-ce que ça représente en nombre de taureaux tués la corrida (en France uniquement)?
Environ 70 événements taurins par ans. J'ai trouvé un chiffre d'environ 6 taureaux tués par événements.
Soit 420 taureaux tués dans des arènes chaque année en France.

Ok c'est surement trop peut-être, mais maintenant un chiffre, banal, vulgaire que plus personne ne regarde de nos jours.
En 2011 plus de 329 personnes sans domicile fixe mortes dans la rue.
Bah ouais mais bon les taureaux c'est beau, ça a la poil luisant et tout, le sdf ça pue, ça picole et puis ça vole c'est bien connu.

Bon ok d'un côté on a un animal, qui vit dehors, habitué à mener un combat permanent, qui finit sa vie dans d'atroces souffrances et de l'autre une bête à cornes comme les milliers voir millions d'autres qui sont abattues pour faire des steaks...

Mouais ça semble légitime de se battre pour les taureaux quand on voit les choses comme ça.
Ce monde est vraiment malade et j'ai mal à mon humanité.

mercredi 7 novembre 2012

Se faire plaisir

Je me suis souvent demandé pourquoi écrire. Plus que ça même, quel enrichissement cela apporte, et surtout pour qui et pour quoi se donner la peine de le faire.
Longtemps j'ai cru que je le faisais pour moi, et même si c'est vrai de prime abord, ma manière de le percevoir était faussée.

J'ai eu plus qu'à mon tour envie d'être lu. L'envie de plaire, de faire réagir, l'envie d'être reconnu comme quelqu'un qui sait écrire, qui sait choisir ses sujets, à la pointe des idées ou des modes.
Mais ceci est la partie narcissique de l'écriture, qui ne devrait normalement pas être une motivation. Du reste elle ne l'est qu'à partir du moment où elle se nourrit de résultats.
Dans une telle mentalité, on écrit quand ça plait, on prend plaisir à se sentir lu, à voir des réactions, on partage et on cherche à plaire toujours plus.

Mais on se perd lentement mais surement dans pareil processus. L'écriture ne doit pas être faite pour attirer un support, une affection, une reconnaissance. Toutes ces choses vont et viennent, existent ou pas mais ne doivent pas être recherchées.
Je l'ai découvert récemment en lisant un livre, en fait je crois que j'ai seulement eu besoin qu'on me mette devant quelque chose que je savais déjà et que j'avais déjà compris sans pouvoir le nommer.
Ecrire c'est se partager, s'offrir, se livrer, que ce soit dans la fiction ou pas, dans l'émotion ou dans l'action.
Mais il faut le faire pour soi, savoir si ce que l'on partage nous enrichit ou pas. L'écriture ne devrait pas être une tentative de se constituer auprès des autres, pas plus que les autres moyens d'expression ou les arts en général.

Finalement c'est en se faisant plaisir à soi, en laissant son être tout entier s'exprimer que l'on finit par plaire ou pas, mais même si on déplait, même si on choque, même si on est regardé autrement, il ne faut jamais se perdre en route.
Tout ceci fait que j'ai je crois retrouvé le goût à quelque chose que je me forçais presque à faire ces temps-ci, quelque chose qui était devenu une contraire plus qu'un plaisir. Car avant tout, il faut savoir se faire plaisir et ne chercher que ce plaisir-là, intime, immédiat et réel.

Boris Vian - L'arrache cœur

Jacquemort, psychiatre arrive dans un petit village de campagne, chez Angel et clémentine, celle-ci sur le point d'accoucher, il va aider à la délivrance de ses triplés.
Joël, Noël et l'étrangement mis à part Citroën. Lorsqu'il va devoir se rendre au village Jacquemort va se rendre compte que de nombreuses et étranges coutumes ont court par ici...
Comme "la foire aux vieux", où les vieux du village sont mis aux enchères et traités comme des objets. Arrivera-t-il à combler le vide qui l'habite et l'a conduit ici en réalisant la psychanalyse complète comme il le souhaite?

Un roman surréaliste et poétique, une fable étonnante et pleine d'émotions. Sorte de quête de sens pour Jacquemort dans un coin de campagne qui en manque singulièrement, de sens.
Des jeux des mots, aux jeux de mots, Boris Vian nous guide et nous accompagne dans ce qu'il arrive petit à petit à rendre plausible, presque réel, mais surtout authentique.
Perdu dans ce roman, des mots qui se croisent, se recomposent, comme des petites créatures ailées qui volettent entre les pages. Même la notion de temps disparait lorsqu'il nous parle des dates improbables qui rythment l'histoire.

Une bien agréable lecture, empreinte d'une incroyable poésie, même parfois dans sa plus grande cruauté, on ne peut pas rester insensible à cette plume.
Alors certains trouveront justement les néologismes, inventions de vocabulaire ou autre difficiles à comprendre ou à apprécier. Il est possible que dans ce monde sans queue ni tête certains n'aiment pas à s'y plonger.
Mais j'ai pris beaucoup de plaisir à suivre Jacquemort et à découvrir un monde coloré et léger, comme une bulle de savon qui lorsqu'on regarde au travers déforme le monde qui nous entoure.

jeudi 4 octobre 2012

Les Simpsons censurés au nom de la loi Evin

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Je sais que ça fait racoleur comme titre mais l'histoire n'est pas banale en effet...
Comme vous le savez surement W9 est la chaine de diffusion des Simpsons depuis quelques années.
Hors depuis la rentrée une nouveauté a fait son apparition dans les épisodes pourtant bien connus.
La bière Duff consommée à outrance par Omer est désormais floutée dans les épisodes! Pourquoi une telle censure?

C'est simple, à l'origine cette bière n'existait pas, elle était purement fictive et donc sa publicité n'était pas soumise à la loi.
Mais depuis quelques années aux Etats Unis et depuis cet été en France, elle existe bel et bien et peut s'acheter dans le commerce.
Devant le succès de la série, cette marque est devenue réelle surement parce que les gens souhaitaient pouvoir la goûter dans la réalité.

Oui mais dans ce cas elle tombe sous le coup de la loi Evin qui interdit la publicité pour les boissons alcoolisées.
Fini donc les bouteilles de bière Duff répandues partout dans la série, désormais elles seront floutées pour ne plus faire apparaitre la marque.
Ce qui me fait me demander comment seront gérées les apparitions certes rares mais pourtant régulières de DuffMan... En effet même en le floutant il n'en reste pas moins que son nom est lui aussi probablement soumis au même régime strict.
Probablement qu'il trouvera en France une deuxième "appellation" afin de respecter scrupuleusement la loi.

Toujours est-il que maintenant vous savez pourquoi dans la série que vous affectionnez, les bières étaient floutées depuis la rentrée.

mardi 2 octobre 2012

Sous la douche

http://syl20.net/

Derrière le plexiglass d'une douche improvisée
Face aux regards qui pèsent, un peu intimidée
Dans une tenue légère qui souligne son corps
Protégée du public par ses gardes du corps

La musique rythmée cache ses tremblements
Elle n'a jamais su faire abstraction totalement
Offrant ainsi son corps de manière impudique
Elle pourtant si timide, en proie à la panique

Lascive et langoureuse entre les gouttes elle danse
Sensuelle et féline, dans une profonde transe
Fermant les yeux pour suivre, le rythme lancinant
De la musique qui fait bouger son corps troublant

Parfois elle regarde le public tout autour
Détaillant elle le sait ses merveilleux atours
Désirant la voir nue, un corps impersonnel
Elle tente de se fonder dans leur désir charnel

Ses mains parcourent sa peau, recherche de tendresse
Plus la danse se fait longue et plus descend le stress
C'est une toute autre femme qui finit sous le jet
Déesse de désir ourdissant des projets

Elle arrive à sourire la tension retombant
Quand se libère enfin son si précieux talent
Insufflant aux regards des braises enflammées
Elle devient à leurs yeux, fantasme incarné

S'oubliant sur la fin elle se donne complète
La nudité devient sa tenue à paillette
Incarnation fugace d'une femme sensuelle
Laissant à ces esprits une trace éternelle

Reprenant peu à peu son souffle elle se sèche
Sa bouche tremble alors et sous son air revêche
Satisfaite elle regarde les messieurs envoutés
Magicienne moderne aux saveurs veloutées

 

© photo Syl20 (cliquez pour aller voir son site)