lundi 6 août 2012

Romain Sardou - Délivrez-nous du mal

Dans le Quercy, un enfant est enlevé par des hommes en noir venus de nulle part. Le père Aba se lance à leur poursuite sans savoir dans quoi il se lance.
Pendant ce temps à Rome l'enquêteur Bénédict Gui se voit confié la mission de retrouver un jeune homme employé au service du pape disparu dans des circonstances étranges.

Thriller médiéval de haut vol, ce roman palpitant nous entraine à la suite de deux hommes qui ne se connaissent pas et qui vont se retrouver pris dans une enquête qui va les mener dans les méandres de la folie des hommes.
Dans un monde où l'Eglise se trouve à l'apogée de son pouvoir, ils vont découvrir des choses qu'ils n'auraient jamais dû savoir.

Une histoire bien écrite, rythmée et qui sous couvert de complot offre une approche à la fois très sombre et pourtant très plausible des travers de ceux qui possèdent du pouvoir.
Romain Sardou offre une histoire très agréable, aux rebondissements multiples et qui arrive à surprendre par moments.
Un très bon roman dans un contexte historique fort bien décrit et documenté.

dimanche 5 août 2012

Elles viennent

Elles viennent lentement sur le bord
Lécher de leur salive humide
Sans répit encore et encore
Les corps des étranges sylphides

Caressant dans leur mouvement
La peau légère qui se recouvre
De frissons lents et pénétrants
Alors que leurs portes s'entrouvrent

Des baisers salés sans répit
Allant et venant en cadence
Dans un mouvement infini
Apogée comme une délivrance

Se faisant par moment mordantes
Déclenchant des cris de surprise
Laissant leurs victimes souriantes
Couverte de leur écume exquise

Elles deviennent parfois sauvages
Comme furies hurlant la vie
S'engouffrant à chaque passage
Avec de plus en plus d'envie

Quand le calme enfin les apaise
Mollement elles viennent mourir
Reposant enfin à leur aise
Comme saturée de plaisir

Leur écume comme une dentelle
Vient couvrir leurs crêtes bleutées
Qui sous le soleil étincelle
Les vagues sont d'une telle beauté

samedi 4 août 2012

Stephen KING - Misery

Un écrivain célèbre victime d'un accident de la route se retrouve pris en charge par une infirmière qui décide de l'installer chez elle pour le soigner.
Il s'avère rapidement que celle-ci est une fan absolue des romans de l'auteur, mais qu'elle n'a pas accepté le fait qu'il décide de faire mourir l'héroïne principale d'une série de romans.
Elle décide donc de le séquestrer pour qu'il écrive la suite et fasse revenir à la vie Misery...

L'un des très grands classiques de Stephen KING, adapté au cinéma, il est l'essence même de ce qui caractérise un huit clos. Un personnage qui se retrouve enfermé physiquement et psychologiquement, un seul lieu tout au long de l'histoire qui s'agrandit lorsque le héros peut enfin explorer un peu son environnement.
A de nombreux moments on sent la tension qui s'installe et qui électrise certaines scènes. On se prend même parfois à vouloir encourager le personnage dans ses tentatives pour prendre le contrôle sur la situation.

Ce roman n'est pas innocent, de nombreux sévices sont extrêmement violents et Stephen KING arrive parfaitement à en faire ressentir le malaise et l'horreur.
On ne sort pas indemne de Misery, on y laisse forcément des plumes et c'est ce qui en fait probablement l'un des tout meilleurs roman de Stephen KING.
A lire avec délectation même si on a déjà vu le film car la plume de l'auteur offre une vision parfois plus forte encore que ce que peuvent donner les images.

samedi 2 juin 2012

Jack Kerouak - Sur la route : Le rouleau original

Souvent considéré comme une œuvre majeure, "Sur la route" parue en 1957 était une version retravaillée, remaniée par l'auteur pour pouvoir être édité.
Ce qui n'était pas prévisible c'est que la version originale existait encore, et sa réapparition en 2001 a permis que soit retrouvé le "rouleau" d'origine que Kerouak écrivit en trois mois d'intense écriture en 1951.
Rouleau car il créa une forme particulière de support en collant feuilles les unes aux autres pour représenter cette route qu'il nous propose de prendre avec lui.

Œuvre à la fois étonnante de force, d'intensité, et de poésie, "Sur la route" est une traversée des Etats Unis, une sorte de route initiatique suivie par l'auteur et qui nous est offerte au travers de son regard si particulier.
On se prend à découvrir un monde et des sensations que l'écriture semble pouvoir nous faire ressentir. Cette version nous redonne les noms et lieux que les éditions suivantes avaient changés pour des raisons probablement évidentes à l'époque.
On partage plus qu'un récit de voyage avec ce livre, on partage une vision de la vie, on partage une époque aussi pour qui ne l'a pas connue. On découvre un univers par le regard affolé d'un homme qui semble vouloir nous le partager avec l'urgence propre à qui veut partager ce qu'il ressent avant d'en perdre la moindre parcelle.

Inconnu lors de la découverte du livre, ce témoignage à la fois roman, et pourtant peu romanesque dépeint tellement le monde tel que Kerouak l'a vécu et ressenti qu'on en vient à imaginer connaitre cet homme et pouvoir le comprendre.
Un livre aussi speed qu'il est violent, aussi fou qu'il est insouciant, une expérience autant qu'une aventure, un livre qui se lit à la vitesse d'une voiture élancée sur les grandes routes Américaines.

samedi 12 mai 2012

Ecrits vains

Quand je pense littérature
Je vois de grandes aventures
Des histoires qui m'ont inspiré
Des mondes où je fus aspiré

Grâce aux auteurs qui ont permis
Des heures de voyage en esprit
Et dont on oublie bien souvent
Qu'ils envoutent nos sentiments

Les mots qui décrivent un corps
On sent la plume glisser vers l'aine
Au bas du dos dans le rein beau
Là où se lovent les trésors

Viennent les descriptions exotiques
Et l'on se dit c'est beau de l'air
Sous lequel s'étale un pré vert
Quand les nuages voguent faméliques

Ils enrichissent notre essence
S'entortillant ils sont mots lierres
Nous entrainant vers la mue c'est
Un changement profond, intense

Rien ne se perd tout se transforme
Si l'on observe les mots passants
Drapés de nos reliquats mues
Chatoyantes couleurs multiformes

Inutile de se protéger
Contre eux on serait mal armé
Parce que les mots sont la vie en
Nous et qu'ils nous font vibrer

Savoir remercier les auteurs
M'ayant mené vers les hauteurs
Je suis et je reste à jamais
Un lecteur plus que passionné

mercredi 9 mai 2012

Entravée

Encorde moi fait moi sentir le goût du souffre
Sur la peau nue la corde taille son chemin
Dans les abîmes de mon esprit au fond du gouffre
Perle les gouttes de cette vie couleur carmin

Encore des mois et le temps passe en solitude
Dans les filets des heures impossibles à rêver
Le corps se plie et se fond dans une habitude
L'esprit se lasse à se laisser abandonner

En corps de moi de ces frissons contre la peau
De cette corde qui vient brûler mes certitudes
Lorsque se dresse dans les veines le drapeau
Devenir proie de ces troublantes servitudes

Encore d'émoi vient se noyer tout mon esprit
Brûlant au cœur comme la corde m'entaillant
De ses plaisirs savoureux que je sais proscrit
Inaccessibles à un être trop bien pensant

Encore de moi envie de me donner entière
Entravée par les liens dont je suis attachée
Vouloir que ce don soit réponse à ma prière
Que l'offrande de mon essence en soit sublimée

En corps d'émoi quand tes doigts viennent détacher
Me libérant mais me gardant ta prisonnière
Et la brûlure de tes baisers vient enflammer
Mon corps sans entrave et mon esprit sans barrière

mardi 10 avril 2012

Solitude

Solitude quand la nuit de sa chape de plomb
Vient couvrir tout le bruit que tu caches en ton nom
Rugissement des autres, fureurs de ces gens là
Qui ne sont qu'entourage, que décor dans tes bras
Solitude tu résonnes comme un cri dans la nuit
Tu m'habites et m'étonnes, parfois tu me meurtris
Le temps passe et pourtant tu n'es pas plus légère
Tu es à mes côtés, criant comme une mégère

Je te ressens si fort, que parfois je m'enfuis
Dans les recoins encore que tu n'as pas conquis
Au fond de mon esprit, là où dormes mes rêves
Là où je sais qu'enfin, je trouverais la trêve
Alors dans le silence de tes mugissements
Je me cacherais là, pris d'un rire dément
Tu ne me fais plus peur, je te connais trop bien
Tu es là à chaque heure, du soir jusqu'au matin

Mon âme est bien trop morne, comme la lune blafarde
Aucune lumière n'écorne, les formes que je regarde
Dans mon cœur je me noie, m'apitoie sur mon être
De mes rêves me déçois m'abreuvant de peut être
Je suis imaginaire, me heurtant à la vie
Mais je ne suis pas fou, et je sais que même si
Mes rêves sont très beaux, qu'ils sont plein d'autres âmes
La vérité bien triste, cache un bien plus grand drame

La solitude est là lorsqu'on croit qu'elle n'est plus
Elle sonne le trépas, des cohortes qu'on a vues
Lorsque vient le silence, que tombe les rideaux
On regarde en substance, et ça n'est jamais beau
Voyez autour de vous, le froid et tout ce vide
Comme dans un théâtre, une tragédie sans ride
Ils ont quittés la scène, et sous les projecteurs
On ne voit que son être, qui doucement se meurt

La solitude est là, elle ronge notre cœur
Le faisant sentir las, loin de ses belles ardeurs
Faut il pour se guérir qu'on soit conscient du fait
Que cette solitude elle nous est imputée
Nous vidons de nos mots les abords de la scène
Et de nos gestes aussi, nous nous rendons obscènes
Nous rendons compte enfin quand tout le monde n'est plus
De ce que nous avions et que l'on a perdu

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